La production de déchets à doublé en 40 ans. En effet, chaque individu produit maintenant 353kg de déchets chaque année (source ADEME). Le compostage est donc une des meilleures solutions pour réduire la quantité d’ordures ménagères, et pour les férus de jardinage, il permet d’obtenir une meilleure qualité de potager.

Qu’est-ce que le compostage ?

Le compostage est la transformation de déchets organiques, en présence d’eau et d’oxygène, faite par des micro-organismes, tels que champignons, bactéries, lombrics, acariens, et autres insectes. Ne paniquez alors pas si votre compost héberge des vers de terre, cloportes et autres, c’est bon signe, votre compost se porte bien. A la fin du processus, on obtient une terre végétale ressemblant à du terreau, de couleur sombre et ayant une bonne odeur de terre de forêt.

C’est le compost mûr, qui servira à fertiliser votre potager. Ce produit va contribuer à renforcer la quantité d’humus de votre sol.

Le principe de fonctionnement est donc un processus naturel, mais il faut faire attention de bien le faire, et de respecter quelques règles :

  • Mélangez les différentes catégories de déchets
  • Aérer les matières
  • Surveiller l’humidité

 

Que peut-on composter ?

Tous les déchets organiques à différents degrés sont compostables :

  • les déchets de cuisine : épluchures, coquilles d'œufs, marc de café, filtres en papier, pain, laitages, croûtes de fromages, fanes de légumes, fruits et légumes abîmés…
  • les déchets de jardin : herbes tondue, feuilles, fleurs fanées, mauvaises herbes...
  • les déchets de maison : mouchoirs en papier et essuie-tout, cendres de bois, sciures et copeaux, papier journal, cartons salis (mais non souillés par des produits polluants), plantes d’intérieur…

Broyez plutôt les déchets volumineux tells que les branches, tailles de votre jardin, os, noyaux… Evitez les déchets de viande car ils attirent les animaux sauvages !

A ne pas composter :

  • Les plastiques, tissus synthétiques, verre et métaux car ils ne se désagrègent pas. Il ne faut pas les ajouter au compost pour obtenir un compost de qualité. Les poussières, bois de menuiserie et charpente sont aussi à éviter car ils sont souvent traités chimiquement.

 

La transformation du compost est donc un processus naturel, mais surveiller son compost est la clé d’un compost réussi, afin de régler les problèmes potentiels qui pourraient survenir. Il faut donc respecter quelques règles afin d’aider le processus à aboutir.

Bien mélanger :
Un bon composte est constitué de plusieurs catégories de matières :

  • Les déchets carbonés, constitués de feuilles, écorces, coupes d’arbres, copeaux, papiers, cartons…
  • Les déchets azotés, qui sont les déchets de cuisine, les pousses vertes, l’herbe coupée…
  • Les déchets humides, qui comprennent d’autres déchets de cuisine qui ont tendance à générer du jus, les tontes de gazon humide, les pousses vertes humides…
  • Les déchets secs, tels que la paille, les branches, la sciure…
  • Les déchets grossiers, certains déchets de cuisine, des sciures fines…

 

Il faut donc correctement mélanger ces catégories afin d’avoir un compostage efficient :

  • Les carbonés avec les azotés
  • Les humides avec les secs
  • Les grossiers avec les fins.

 

Aérer les matières :
La transformation du compostage nécessite de l’oxygène, il est donc nécessaire d’aérer les couches pour que le processus ait correctement lieux partout. Placer des déchets grossiers peut permettre une aération passive du compost. Cependant, retourner le tas à l’aide d’une fourche assure une correcte aération, à faire régulièrement au début de compostage, puis 1 à 2 fois par mois.
Attention pourtant, si vous ajoutez régulièrement des déchets à votre compost, différentes phases du compostage se produisent à des étages différents. Il faut donc, lorsque vous aérer votre compost, ne pas mélanger les couches des différentes phases.

Surveiller l’humidité :
Une juste humidité doit être gardée dans le compost : Ni trop, ni trop peu…
Un compost trop humide empêche l’aération. En revanche, un compost trop sec ne nourrit plus les micro-organismes et le processus s’arrête.
Pour vérifier l’humidité de votre compost : Prenez une poignée et pressez là. Si il est humide et que quelques gouttes s'échappent sans que le matériau ne se désagrège, l’humidité de votre compost est bonne. Si un filet d’eau s’en échappe, il est trop humide. Vous pourrez alors rajouter un peu de compost sec ou de terre sèche, ou le faire sécher au soleil. Si en pressant votre poignée le compost se défait, il est trop sec. Humidifiez le alors un peu avec de l’eau.

 

Compostage en tas ou en bac ?

                Il existe généralement deux méthodes de compostage :

  • Le tas permet un compost à l’air libre, directement posé sur le sol, d’une hauteur variable, de 0.50m à 1.50m. Cette solution permet une facilité d’utilisation, et aucune contrainte de volume. Cependant, il est à la merci des animaux. Evitez de la placer dans un creux car l’eau risquerait de stagner. Attention à l’endroit où vous positionnerez votre composte car les voisins pourraient ne pas apprécier la vue.  C’est pourquoi, un endroit hors courant d’air, mi-ombragé, et bien drainé est idéal pour installer un compost. Il donne un bon compost en une période de 6 mois à 1 an.
  • Le bac permet un composte plus propre, à l’abri de la vue de tous et des animaux. Il faut y consacrer plus de temps qu’à un composte en tas afin qu’il fonctionne bien, mais permet d’obtenir un compost mûr en l’espace de 4 à 5 mois. Les bacs à composte, en plastic, métal ou bois, peuvent s’acheter en grande surface ou en jardinerie. Préférez la marque "NF-environnement composteurs individuels de jardin". Vous pouvez bien sur en fabriquer un vous-même.

 

        

 

Les phases du compostage

  • Au printemps, c’est le moment idéal pour commencer à composter. Comment faire ? Tondez plus souvent votre gazon, ravivez votre jardin et taillez vos haies. Tous ces résidus ranimeront votre compost. De plus, c’est le moment des bouquets de fleurs et donc des fleurs fanées.
  • L’été, c’est la sécheresse de votre compost qui guette. Il faut pour cela vérifier que le volume continue de descendre, qu’il n’y ait pas de champignons microscopiques, visibles par filaments blanchâtres. Si c’est le cas, le compost est en effet trop sec. Il faut alors l’arroser de façon homogène sous toutes les couches.

Attention tout de même lorsque vous ajoutez des fruits et légumes frais, évitez de tous les ajouter en même temps, et en surface, car cela attire les mouches et elles risqueraient de pondre. Pour éviter cela, couvrez-les avec de la terre ou du papier journal lorsque vous les ajoutés.

  • En automne, les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais attention à ne pas les introduire toutes en même temps dans votre compost. Stockez-les à part et ajoutez-en lorsque avec des matières azotées à votre compost (déchets de cuisine, pousses vertes, herbe coupée, épluchures…)
  • L’hiver, Le rythme du processus de compostage va ralentir, comme ralenti celui de ses occupants. Il va donc suivre son cours en gardant une température de 10 à 20 °C, en gardant une quantité d’oxygène constante.

Bien utiliser son compost

                Un compost mûr se caractérise par une couleur sombre, une texture homogène fine et friable et une bonne odeur de terre de forêt. Aucun déchet n’est alors identifiable, appart les coquilles et coquillages, qui ne se décomposent pas. Ces déchets pourront être recompostés. Une fois le compost prêt, il peut être utilisé à différents occasions :

  • Avant maturité, en paillage, comme la paille ou des feuilles. Placez-en une épaisseur de 5 cm aux pieds des arbres et plantations, pour modérer les arrosages en limitant l’évaporation de la terre, et attirer des insectes utiles au jardin. En hiver, le paillage protège les plantes du gel.

 

  • A maturité, le compost mûr peut servir d’amendement organique (substance qui ajoutée en quantité suffisante, rend un sol plus fertile), ce qui apporte des minéraux et des matières organiques et améliore la capacité de rétention en eau du sol. Dans ce cas, le compost doit être rependu en fine épaisseur, ou incorporé au sol par binage (5 à 15 cm de profondeur).

Ne semez ou ne plantez pas directement dans le compost car les plantes ne le supporteront pas.

 

Bien doser l’apport de compost aux plantes

Le compost n’est pas utilisé à même escient ni dans les même quantités selon les saisons.

  • En automne et hiver, plutôt en surface en l’incorporant légèrement à la terre ;
  • Au printemps, entre les rangs de légumes, avant de pailler par-dessus ;
  • Toute l’année, dans les trous de plantations puis en recouvrant de fines couches de terre, afin que les légumes ne poussent pas dedans mais que leurs racines trouvent les nutriments en poussant.

Chaque type de plante a des besoins différents :

  • Les plantes à forts besoins, telles que les artichauts, céleri, poireau, les cucurbitacées (concombres, cornichons, courgettes…) et les solanacées (aubergines, poivrons, pommes de terre, tomates…), peuvent supporter de 3 à 5 kg/m²/an.
  • Les plantes aux besoins moyens, telles que les asperges, betteraves, carottes, épinard, haricots, laitue…, peuvent supporter de 1 à 3 kg/m²/an.
  • Les plantes à faibles besoins, telles que l’ail, les échalotes, les oignons, les endives, les choux, les fèves, les navets, les radis, ainsi que des plantes aromatiques…, peuvent se passer d’apports de compost.

 

Pour les arbres fruitiers, ajoutez une couche d’environ 1 cm, soit 3 à 5 kg/m²/an pour les arbres, et 2 à 3 kg/m²/an pour les arbustes. Pour la plantation des arbres, mélangez 20% de compost dans le trou de plantation.


Pour les massifs de fleurs, ajoutez de 5 à 8 kg/m² de compost sur 15 cm d’épaisseur, à la terre de plantation.

Quelques règles d’hygiène :  

  • N’oubliez pas de vous laver les mains après toute manipulation du compost
  • Lavez bien vos fruits et légumes avant de les cuisiner.